- Le Parti socialiste ? Il a soutenu les syndicats dans leur contestation et "se félicite de la réussite de la grève", dixit Benoît Hamon. Mais au-delà de cette "alliance" ponctuelle entre les "travailleurs" et le PS, peut-il y avoir une récupération durable d'électeurs ? Certes, le Premier secrétaire s'est positionné contre cette réforme, mais il avoue que "ce n'est pas le rôle d'un parti politique de dicter aux organisations syndicales ce qu'il faut faire". Le PS joue donc plutôt les "deuxième ligne". En mal de victoire électorale, le parti semble tenter de s'accrocher à toutes les contestations possibles. Bref, de jouer son rôle d'opposition systématique. La stratégie sera-t-elle payante ? Pas sûr, puisque la récupération des anti-CPE en 2005 n'a toujours pas porté ses fruits...
- Les partis d'extrême-gauche ? Très mobilisés, la LCR ou Lutte ouvrière se sont engouffrés dans la lutte sociale. Olivier Besancenot était ravi hier de "ce premier avertissement réussi". Reste à voir ce qui peut se passer une fois que les manifestants quittent la rue. Quant au PCF, ses liens ont toujours été étroits avec la CGT, n'empêche que la concurrence est rude à la gauche du PS. Les vases communicants entre CGT et son "parti-frère" ne sont plus aussi évidents qu'avant...
- Le MoDem ? Pour François Bayrou, "le problème ne se résoudra de toute façon pas par la seule suppression des régimes spéciaux". Un peu déconnecté de l'électorat depuis sa création (!), le parti centriste ne doit pas espérer grand chose de cette mobilisation... Une réforme, oui, mais pas comme ça. Sur ce point, il se place un peu sur la même ligne que le Parti socialiste. Mais si le PS n'est pas certain de gagner quelque chose dans cette situation, que dire du MoDem...
- Le Front national ? Jean-Marie Le Pen s'est peu exprimé si ce n'est pour contester la mobilisation :"Toute grève engagée contre des décisions politiques est illicite. Une fois de plus, les syndicats de l'archéosocialisme paralysent le pays par une grève préventive et politique". Un discours qui peut séduire les légalistes-anti-grévistes-anti-gauchistes et qui pourrait attirer si le gouvernement venait à céder face à la pression de la rue. (Encore faudrait-il que la pression dure...)
- L'UMP ? Et si, finalement, c'était le parti majoritaire qui avait remporté la partie ? Les anti-grévistes étaient encore nombreux cette année, énervés de ne pas pouvoir se déplacer normalement à cause des "manifestants professionnels"... Et si le pouvoir refuse de laisser la rue gouverner, il pourrait bien s'attirer des nouvelles sympathies (voire piocher, une fois de plus, dans la réserve de sympathisants frontistes).
vendredi 19 octobre 2007
A qui profite la grève ?
Hier, mobilisation générale. La France a battu le pavé (de 150 000 à 300 000 manifestants, selon la police ou les syndicats). Mais, dans la classe politique, qui va battre le fer pendant qu'il est chaud ? Car, c'est bien connu, dès qu'il y a mobilisation, il y a récupération (ou du moins tentative)...
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