Jeudi 15 mai 2003, 18 heures 30. En pleine bataille contre la réforme Fillon sur les retraites, les syndicats se divisent, la CFDT décidant d'apporter son soutien au texte proposé par le ministre des Affaires sociales de l'époque. Blasphème! Le front syndical est rompu. François Chérèque apparaît dès lors comme un "traître". Il s'est rangé honteusement derrière l'UMP, "et donc derrière le patronat".S'ensuivent de terribles désillusions pour le syndicat qui clame son "réformisme": les adhésions reculent. S'effondrent même. Pour le plus grand bonheur de la CGT qui reprend du poil de la bête et obtient des résultats probants lors des élections professionnelles qui suivent.
"On les entend moins"
Quatre ans après cet épisode qui marque une rupture dans l'histoire syndicale des trente dernières années, la guerre entre syndicats se poursuit. Jusque dans les cortèges. Comme en témoigne cette confidence glissée ce matin par Jeanine, encartée à la CGT depuis 1956 et emmitoufflée dans un anorak rouge de circonstance. Un large sourire jusqu'aux oreilles, la retraitée lance un : "Ah, on les entend moins à la CFDT. Je pense qu'ils doivent se sentir mal". Au nez et à la barbe d'un groupe ... de la CFDT. Et la Cégétiste de poursuivre sa distribution de tracts d'adhésion à des passants parfois médusés de voir autant de têtes grises dans une manif.
A Lille, encore plus qu'ailleurs, on ne perd pas le Nord.



